Le rouge de ma mère

Passion ! Telle est la relation que j’ai avec mes pastels secs. Amour-haine. L’image à laquelle je travaille aujourd’hui contient encore et toujours du rouge. Je suis liée depuis mon enfance à cette couleur dont ma mère s’habillait si souvent. J’adorais ma mère. Son rouge, à elle, vif et sans nuance, s’accordait avec ses cheveux noirs. Il contrastait avec sa pensée conventionnelle et son caractère retenu.

Un soir ou je décryptais les premiers mots d’un album en m’exaltant sur les illustrations à dominantes rouges, quelqu’un m’a rétorqué que c’était vulgaire.

Adolescente, je me suis vêtue de vert et j’ai détesté les rouges criards de ma mère. J’ai commencé à peindre des tableaux verts. On m’a expliqué que c’était la couleur complémentaire. Et puis, les rouges me sont revenus, timidement d’abord, jusqu’à s’imposer dans toutes mes images. Celle que j’achève contient encore des rouges. Au pluriel. Subtils ou éclatants, sourds, parfois éteints par la cendre, souvent violents ou joyeux. J’essaie de les nuancer. Vulgaire. Vulgaire. Ça résonne dans mon esprit.

Peut-on nuancer les rouges ?

Le grand cerf

SOLSTICE 2024

Viens, viens ! a chanté la Lune au Grand Cerf.
Viens, je t’offrirais des songes
Par milliers !
Il l’a suivie dans l’obscurité
Et il s’est endormi dans ses bras dorés.

Rêve ! a murmuré la Lune au Grand Cerf.
Rêve, pour toujours !
Tu oublieras le jour.
Et la nuit s’est répandue
Sur la neige.

Mais dans l’estomac du Cornu,
Attendait l’astre diurne.
Il chuchotait : veille, veille !
C’est mon tour.
L’animal a recraché le Soleil.
Et la lumière est revenue.

© Isabelle Forestier

 

 

Mademoiselle tout à l’envers (Pastel sec) – Hommage à l’illustrateur Philippe Corentin (1936-2022)

Quand c’est le jour,

Elle dort toujours.
Les pieds et la tête en l’air,
À l’endroit où à l’envers,
Elle se rêve en toboggan
Et se réveille de travers.
Mais vers le soir,
Quand vient l’espoir,
À l’envers ou à l’endroit,
Même si ce n’est pas la loi,
Elle festoie avec les rois
Et reines poètes du verlan,
Auxquels elle parle tout en vers.
C’est renversant !

© Isabelle Forestier

Texte et illustration conçus pour l’exposition de groupe « Scrogneugneu » en hommage à l’illustrateur Philippe Corentin (1936-2022) qui aura a partir du 4 juillet 2024 au Musée de l’Illustration Jeunesse de Moulins.
Mon poème et l’illustration sont inspirés librement  de la chauve-souris Chiffonnette, personnage central de l’album :
« Mademoiselle tout à l’envers »
publié aux éditions L’école des Loisirs.

L’oiseau de feu.

L’oiseau de feu, cet album initialement publié aux éditions Grimm Press à Taïwan, reparaît à nouveau aux éditions Calligram avec une nouvelle couverture.

Aquarelle. Conte adapté du folklore russe par Mikail Fokine. Éditions Grimm Press, Taiwan. Corée. France, adapté par Chantal de Fleurieu : Calligram.

Par un jour d’hiver, le prince Ivan sort chasser dans la neige épaisse. Il découvre un long mur de pierre d’ou dépasse un rosier en fleur. Intrigué, il l’escalade et aperçoit une extraordinaire créature mi-femme, mi-oiseau. C’est l’oiseau de feu ! Ivan l’attrape sans le blesser mais l’animal le supplie de lui rendre la liberté. En échange, il lui offre une plume qu’Ivan pourra agiter si un jour il est en danger…

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