Hommage aux femmes anonymes du RER E

Si de tout temps les artistes ont chanté la beauté des femmes, on parle souvent moins d’elles en tant que personnes. Ces prochains portraits seront dédiés à leur être.
Qui sont elles ?
D’ou viennent elles ?
Ou vont Elles ?

Jenifer revient de son travail à la crèche en trottinette, puis RER E. C’est la deuxième année qu’elle s’occupe des enfants.  C’est parfois dur car ils ont des humeurs avec des envies ou des pas envies. Ce sont des minis grandes personnes avec des intentions. Elle trouve gratifiant de voir les tout petits commencer à marcher, à dire des mots.  C’est dur et sympa ! Être mère, être parent est une mission qui n’est pas donné à tout le monde. Il faut savourer d’avoir des enfants.  Les mères sont imparfaites mais elles sont parfaites si elles y mettent tout leur cœur.

 

 

La courbe de son profil a la pureté de la lune montante. Sa chevelure est si imposante et ses boucles si nombreuses qu’on dirait une déesse. Elle regarde son portrait d’un air étonné. De face, c‘est la pleine lune. Elle ne répond pas lorsque je lui parle. Normal ! Les déesses viennent de contrées si lointaines qu’elles ne peuvent comprendre ma langue natale.

 


Lauriana rentre chez elle après des achats dans Paris, arborant son bel anneau créole à l’oreille. Elle pratique avec fierté la danse traditionnelle martiniquaise, la Biguine. Pour m’expliquer cette passion, elle me montre sur son portable des dames danser avec un gracieux déhanchement, tout en soulevant des mains le sommet de leurs robes de couleurs vives, dévoilant des jupons multiples. Elles sont coiffées d’un maré tèt, ce foulard traditionnel des îles dont la significations varie selon la façon dont il est noué.

 

Ces deux femmes discutent avec passion. Elles semblent avoir beaucoup d’affection l’une pour l’autre. Miroir l’une de l’autre, sont elles de la même famille ? C’est la modernité qui dialogue avec la tradition.

Lea est professeur des écoles. Dans ses mains, elle tient un drapeau du SNEC avec un air déterminé. Elle l’apporte à ses collègue en prévision d’une manifestation.

 

Cette dame couve littéralement son petit garçon du regard. On comprend pourquoi il semble si vif et épanoui.

 

Alicia est commerciale dans la société d’énergie renouvelable verte Iberdrola. Elle rentre du travail et rejoint son père pour l’aider à remplir son nouveau contrat d’électricité.

 

Observer les humains amène à différents angles de vision.
Un homme entre dans le wagon portant un paquet emmailloté dans une couverture tenant avec des ficelles inégalement réparties. Dedans, il y a un bébé… ligoté.
Cela ressemble à de la maltraitance.
Une femme suit, tirant par la main deux jeunes garçons d’environ deux et quatre ans. Ils s’asseyent tous. L’ainé des enfants s’approche de la mère qui soulève son chandail. Un sein rond jaillit que l’enfant met en bouche. Voyant que je l’observe la mère me regarde d’un air mi-inquiet, mi-amusé et se recouvre pudiquement. Vais je la juger ? Je lui sourit et elle me répond… un instant de connivence féminine.
Bientôt, l’aîné des enfants cède sa place au cadet, mais le bébé en paquet commece à pleurer. Après l’avoir bercé un instant, le père le dépose doucement dans les bras de la femme. Écarté du sein maternel, le deuxième enfant hurle. Le papa le prend dans les bras, le cajole, l’embrasse et il s’est apaise.
La femme allaite longuement et patiemment le bébé.
Ce n’est pas de la maltraitance ! C’est de l’amour dans une famille très pauvres qui manque d’argent pour acheter des vêtements d’hiver pour bébé.
Cela ressemble à certaines peintures renaissance de la madone et l’enfant Jésus… enmailloté… une scène que les mères ont joué à tout les temps et qu’elles rejouent avec leurs enfants par tout les temps.