Portraits du RER E

Depuis l’automne j’emprunte régulièrement les wagons du RER E ou le monde entier semble s’être donné RDV, parfois morne et triste, joyeux ou tendre, fatigué ou rêveur, affairé avec un portable, souvent plein d’ennui. En voici seize croquis :


 

 



 

 

 

Observer les humains amène à différents angles de vision.
Un homme est entré dans le wagon portant un paquet emmailloté dans une couverture tenant avec des ficelles inégalement réparties. Dedans, il y avait un bébé… ligoté.
Cela ressemblait à de la maltraitance.
Une femme suivait, tirant par la main deux jeunes garçons d’environ deux et quatre ans. Ils se sont tous assis. L’ainé des enfants s’est approché de la mère qui a soulevé son chandail. Un sein rond a jaillit que l’enfant a mit en bouche. Voyant que je l’observais la mère m’a regardée d’un air mi-inquiet, mi-amusé et s’est recouverte pudiquement. Allais je la juger ? Je lui ai sourit et elle m’a répondu… un instant de connivence féminine.
Bientôt, l’aîné des enfants a cédé sa place au cadet, mais le bébé en paquet a commencé à pleurer. Après l’avoir bercé un instant, le père l’a déposé doucement dans les bras de la femme. Écarté du sein maternel, le deuxième enfant s’est mit à hurler. Le papa l’a prit dans les bras, cajolé, embrassé et il s’est apaisé.
La femme a allaité longuement et patiemment le bébé.
Ce n’était pas de la maltraitance ! C’était de l’amour dans une famille très pauvres qui manquait d’argent pour acheter des vêtements d’hiver pour bébé.
Cela ressemblait à certaines peintures renaissance de la madone et l’enfant Jésus… une scène que les mères ont joué à tout les temps et qu’elles rejouent avec leurs enfants par tout les temps.
J’ai dessiné cette femme et son bébé ficelé dans l’avant dernier croquis de la série !